Pour vraiment connaître un pays, il faut connaître sa culture. À Maurice, où l’essence même de notre identité se trouve dans notre multiculturalisme, la meilleure façon de s’imprégner de l’île passe par sa cuisine. Partons donc à la découverte de ce melting-pot de goûts, de couleurs et de parfums qu’est la culture du street food à Maurice.

L’élément essentiel : le ‘Gato Pima’
Peu importe le statut social ou l’ethnicité d’un Mauricien, nous avons tous quelque chose en commun : un amour inconditionnel pour le gato pima. Cette petite boulette frite croquante et fondante à la fois est faite à base de dhal (pois cassés), d’épices, d’herbes et de piment. Son nom gato pima se traduit comme gâteau piment en français.

Loin d’être un gâteau toutefois, ces petits délices s’apparentent plus aux falafels. Vous en trouverez dans presque tous les villages et villes de l’île. Tantôt vendus par une grand-mère devant sa boutique, tantôt par un marchant sillonnant les rues sur sa bicyclette.

Pour déguster un authentique ‘gato pima’, dirigez-vous vers un des marchands les plus connus de la ville de Rose-Hill ; il se situe près de l’église principale. Si vous y allez, n’oubliez surtout pas de goûter ses autres spécialités tels que les ‘chanapuris’, les ‘samousas’ ou les ‘bajas’, le tout arrosé de son ‘chatini’ de pommes d’amour. Si vous avez du mal à le trouver, demandez simplement à un passant où se trouve la camionnette rose qui fait les meilleurs ‘gato pima’ de la ville.

Un peu de réconfort : ‘boulettes’ et ‘halim’
Notre climat tropical nous permet d’avoir des températures agréables toute l’année mais, en hiver, nous avons tous besoin d’un peu de réconfort. Les boulettes mauriciennes ne sont pas tout à fait comme ceux d’un dim sum. Elles sont dégustées le plus souvent dans un bouillon chaud et savoureux, une des raisons pour lesquelles elles sont spécialement appréciées en hiver. Les petites caravanes de boulettes sont un peu partout dans l’île mais il paraît qu’elles sont meilleures quand elles sont dégustées sur la plage d’Albion au coucher du soleil.

Le ‘halim’ est une soupe épaisse faite de lentilles, de dhal et de viande et elle est très épicée. Mangé avec un bout de pain, il met du baume au cœur et est le remède parfait contre la gueule de bois. Plus rare que les boulettes, pour trouver du bon halim il faut faire confiance à l’expertise des Mauriciens qui adorent faire découvrir leurs bons plans.

Au paradis des nouilles : les ‘mines’

Pour les Mauriciens, les ‘mines’ sont comme le croissant pour les Français ou les pâtes pour les Italiens : nous avons tous une opinion sur la meilleure façon de les cuisiner. Les ‘mines bwi’ sont des nouilles bouillies servies avec du bœuf ou de poulet sauté et un œuf miroir. Les ‘mine frit’ sont des nouilles préparées dans un wok avec des légumes, du poulet et des œufs. Un vrai délice pour les sens.

Une histoire d’amour : le ‘roti’
Il n’y pas de street food aussi enraciné dans le cœur des Mauriciens que le ‘roti’. Ressemblant à un naan plus fin servi avec toutes sortes de currys, le ‘roti’ représente tout aussi bien un déjeuner pas cher qu’un remède anti-déprime pour le Mauricien. Il se mange à la maison, sur la rue, devant son bureau, quand il fait chaud, quand il fait froid et tout spécialement pendant le passage d’un cyclone. Le ‘roti’ fait partie de l’ADN du Mauricien. Pas besoin de trop chercher quand vous voulez en manger, vous le trouverez partout et tant que vous y êtes, essayez son cousin plus fondant à base de dhal : le ‘Dalpuri’. La légende dit que vous êtes un vrai Mauricien une fois que vous avez mangé une paire de ‘Dalpuri’ debout dans un coin de la rue sans avoir sali vos doigts. Prêt à relever le défi ?